Le poème ci-dessous fut écrit, vers 1991, à l'occasion d'une fête solsticiale[1] de la R∴L∴ Liberté[2].
Il était aussi un clin d'œil à des préoccupations scientifiques propres à l'auteur et liées au domaine de l'intelligence artificielle[3].
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Audio
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Le poème
Avant le temps,
il n'y avait rien,
et l'homme, nu,
créa le zéro.
Ensuite,
la lumière vint,
et l'homme, crédule,
créa le un,
qu'il nomma le vrai.
Mais,
la lumière se fit et se défit,
et l'homme, averti,
créa l'alternance,
tantôt faux, tantôt vrai.
Bientôt,
tant de lumières se firent et se défirent,
que l'homme, prudent,
créa la moyenne, un demi, le milieu,
jamais vraiment faux, jamais vraiment vrai.
Puis,
la lumière varia, parfois tenue, parfois puissante,
et l'homme, nuancé,
créa l'infini,
entre zéro et un.
Alors,
la lumière modula l'intensité de chacune de ses couleurs,
et l'homme, intelligent,
comprit la complexité
de tout système.
Enfin,
l'homme fit lui-même la lumière,
et l'homme, devenu homme,
créa le doute,
et, avec lui, la science et l'espoir.
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L'homme devenu homme
Pour mon cinquantième anniversaire, mon ami Eric Courbet m'offrit une oeuvre de sa plume, reproduite ci-contre, où l'homme de 50.000 BC, ébahi, découvre la complexité mais, debout, s'apprête à devenir homme.
A la disparition d'Eric, dont le sens des nuances était la conséquence directe de sa sensibilité et de son intelligence, je lui ai dédié ce poème.
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