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voyage

Resp. Mise à jour 02 Septembre 2010 à 14h48 par
mira_adelante
Voyage (29 juin 2010) est un poème initiatique de Marc Meurrens (1945-) normalement conçu pour être interprété par Los Hermanos Team lors de cérémonies maçonniques au grade de Compagnon mais également interprétable dans d'autres contextes, maçonniques ou profanes.

Le poème s'appuie, entre autre, sur des chants (en espagnol, néerlandais, français, arabe et allemand) de Atahualpa Yupanqui, Herman Pieter de Boer, Georges Brassens, Mahmoud Darwich et Wilhelm Müller; il contient aussi des clins d'œil à Charles De Coster, Antonio Machado, Jerry Herman et Mark Twain.

URL : http://wiki.meurrens.org/Voyage
téléchargement PDF : voyage-10-pages.pdf




Les 7 vies de Monsieur Adam

Voyage sera dévoilé pour la première fois à Bruxelles le 27 juillet 2010 au sein du jeu scénique Les sept vies de Monsieur Adam, accompagné de l'introduction ci-dessous :

Alors, mon cher Adam, est-ce la vie qui est trop complexe ? Est-ce apprendre le tango qui est trop complexe ?

Et si c'était simplement les hommes, les femmes -et toi- qui étiez complexes ?
Et si tu allais au devant de ces hommes et de ces femmes -et de toi-, te faire complice de leurs complexités, t'enchanter de leurs langues, gravir leurs univers, d'enivrer d'une autre spirale ?

Voyager, mon cher Adam : faire, de leurs univers, un peu le tien.


Voyage

carlos-pradal-les-bohemiens-1950
(Carlos Pradal, Les bohémiens, 1950)


me llaman abandona'o

Porque no engraso los ejes
Me llaman abandona'o ... [1]


Je ne graisse pas les moyeux de ma charrette,
je suis donc ce je-ne-sais-quoi,
qu'ils disent négligent.

ton bavardage silencieux

Ton tombereau te conduit tu ne sais où
(et je ne le sais pas beaucoup mieux que toi).
Les gémissements de ses roues
accompagnent ton bavardage silencieux.
Tu dialogues avec des visages inconnus
et des mots qui le sont tout autant.
Tu pleures, en chemin, des sourires improbables
et tu souris des cendres qui battent sur ton cœur [2].

laat me

Alors, mon cher Adam [3], ils te diront fou ;
écoute le fou :

Ik blijf nog lang en liefst nog langer,
laat me blijven wie ik ben.

Laat me, laat me
Laat me m'n eigen gang maar gaan.
Laat me, laat me,
Ik heb het altijd zo gedaan. [4]

Je vivrai encore longtemps j'espère
(et j'espère même
encore un peu plus).
Laissez moi vivre,
laissez-moi vivre qui je suis[5]
comme je l'ai toujours voulu.
Laissez moi vivre,
laissez-moi suivre mon chemin
comme je l'ai toujours tracé.
Laissez moi vivre,
laissez-moi construire qui je serai
comme je l'ai toujours fait.  

ne jamais le suivre à nouveau

N'oublie pas de déposer le long du chemin que tu traces,
des petits cailloux,
des petites pierres blanches,
des petites pierres noires,
Pour être sûr de le reconnaitre un jour.

Pour être sûr
de ne jamais le prendre en retour,
Pour être sûr
de ne jamais le suivre à nouveau,
Pour être sûr
de ne jamais imposer à ton frère de le suivre à son tour. [6]

la mauvaise réputation

Alors, mon cher Adam, ils te diront vagabond ;
écoute le vagabond :

Je ne fais pourtant de tort à personne
En suivant mon chemin de petit bonhomme.
Mais les braves gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les braves gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux. [7]


une étoile

Ne te moque pas trop vite de ces braves gens :
ce serait trop facile.
Nous sommes tous
parfois des braves gens, parfois des je-ne-sais-quoi.

Eux aussi, peut-être, verront-ils un jour flamboyer une étoile,
une étoile qui éclaire tant de chemins
mais qui n'en ouvre qu'un seul :
le tien, si tu le veux,
un chemin qui mène ailleurs,
au-delà,
au-delà de tes frontières

ne demandez pas leur identité aux hommes

Alors, mon cher Adam, ils te diront étranger ;
écoute l'étranger :

يا سادتي! يا سادتي الأنبياء
لا تسألوا الأشجار عن اسمها
لا تسألوا الوديان عن أُمها
من جبهتي ينشق سيف الضياء
ومن يدي ينبع ماء النهر
كل قلوب الناس... جنسيتي
فلتسقطوا عني جواز السفر!

 ( [8] )

Ne demandez pas leur nom aux grains de blé.
Ne demandez pas aux vallées le nom de leur mère.

De mon front jaillit une épée de lumière,
Dans ma main éclate l'eau d'un fleuve.

Ne demandez pas leur identité aux hommes.

Ne me demandez pas mon identité.
Mon identité ?
les cœurs de tous les hommes !
Mon passeport ?
gardez-le !

bâtir des cathédrales jusqu'au zénith

Et, sur ton chemin,
ce gars et son grand bâton
à faire son jardin secret des deux hémisphères.
Et, sur ton chemin,
cette fille et sa grande tignasse
à miroiter toutes les lumières.
Et vos cœurs,
et vos cœurs à faire des nœuds jusqu'à toujours.
Et vos mains,
vos mains à bâtir des cathédrales jusqu'au zénith.

sind wir selber Götter

Alors, mon cher Adam, ils vous [9]diront insolents ;
écoute l'insolent :

Fühle nicht, was es mir klagt,
Klagen ist für Toren.

Lustig in die Welt hinein
Gegen Wind und Wetter !
Will kein Gott auf Erden sein,
Sind wir selber Götter ! [10]

J'ignore la douleur de mon cœur :
je laisse les plaintes aux sots.
Je marche dans la vie,
joyeux contre larmes et tempêtes.
Il n’y a pas de dieu sur cette terre :
soyons nous-mêmes des dieux !

tu voyageras libre

Rien n'est impossible[11]
et rien n'est simple pourtant.
Rien n'est acquis
et rien n'est interdit pourtant,
et rien, non plus, n'est inéluctable, obligatoire.

Tu voyageras libre,
sans entrave, sans contrainte,
pour tout imaginer,
pour faire tout,
même ce que tu ne pouvais rêver de rêver,
et pour ne rien faire
que tu ne pourrais aimer vivre.

nunca los voy a engrasar

Alors, mon cher Adam, ils te diront bohémienne ;
écoute la bohémienne :

Los ejes de mi carreta
nunca los voy a engrasar... [12]


Les moyeux de ma charrette ?
jamais je ne les graisserai !

agir

mon cher Adam,

apprends
pour mieux rêver,

voyage
pour,
enfin,
t'envoler,

connais les routes
pour en tracer de nouvelles,

émerveille-toi
pour mieux créer,

soulève-toi
pour,
enfin,
agir.

los ejes de mi carreta

Alors, mon cher Adam, ils te diront « artiste » ;
écoute l' artiste :

Atahualpa Yupanqui
los ejes de mi carreta (les axes de ma charrette)

Porque no engraso los ejes
Me llaman abandona'o[13]...
Si a mi me gusta que suenen,
¿Pa'[14] qué los quiero engrasaos ?

Es demasia'o[15] aburrido
seguir y seguir la huella,
demasia'o largo el camino (Andar y andar los caminos [16] )
sin nada que me entretenga. (sin naide[17] que me entretenga. [18] )

No necesito silencio.
Yo no tengo en qué pensar.
Tenía, pero hace tiempo,
ahura[19] ya no pienso mas.

Los ejes de mi carreta
nunca los voy a engrasar... [20] [21]


Téléchargement

fichier PDF (135 kb, 8 pages A4, sans image, avec 32 notes de bas de page) voyage-8-pages.pdf
fichier PDF (288 kb, 10 pages A4, avec Les Bohémiens de Carlos Pradal, avec 70 notes de bas de page, fichier recommandé) voyage-10-pages.pdf

Autres Poèmes

Sources

Le poème voyage est articulé sur plusieurs autres poèmes.

Des pages de ce wiki sont consacrées à trois d'entre eux :

Ci-dessous, une description de chacune de ces pages.

Los ejes de mi carreta

los-ejes-de-mi-carreta
Los ejes de mi carreta
Atahualpa Yupanqui

Les paroles en castillan, des traductions en français et en anglais, plusieurs interprétations, des vidéos, des fichiers audio, des partitions, des accords pour guitare et un enregistrement instrumental.

mira_adelante
URL : http://wiki.meurrens.org/LosEjesDeMiCarreta

Le poème Los ejes de mi carreta (en castillan) de Atahualpa Yupanqui est un des principaux poèmes sur les quels s'articule le poème maçonnique voyage (en français) de Marc Meurrens :

URL : http://wiki.meurrens.org/voyage


Laat me

herman-pieter-de-boer
Une page pour les rêveurs qui apprécient les interprétations poétiques très libres, pour les cosmopolites qui apprécient les chants multilingues, pour les néerlandophones qui savourent le français, pour les francophones qui aiment le néerlandais, pour les amoureux de la langue et de la culture espagnoles et pour les nostalgiques des années '60 et '70.
Laat me (poème de Herman Pieter de Boer, chanté par Ramses Shaffy) est, dit-on, librement inspiré de Ma dernière volonté : Vivre (poème de Sylvain Lebel, chanté par Serge Reggiani).
Nous préférons toutefois les paroles de Laat me à celles de Ma dernière volonté : Vivre.

Toen men wist dat Ramses Shaffy niet zo lang meer te leven had, heeft Lisbeth List hem naar de studio gehaald om nog eenmaal "op te treden".

ramses-shaffy
A la page http://wiki.meurrens.org/LaatMe , vous trouverez :

  • la très émouvante vidéo de cette ultime prestation où sont chantés en alternance Laat me (en néerlandais) et Ma dernière volonté : Vivre (en français)
  • une vidéo où Ramses Shaffy chante Laat me (Herman Pieter de Boer, 1978)
  • une vidéo de Ma dernière volonté (chanson de Serge Reggiani, interprétée par Pierrot Fournier. Auteur et compositeur : Sylvain Lebel et Alice Dona)
  • les paroles de ces poèmes, en néerlandais et en français, sous forme de textes et de fichiers audio MP3.

mira_adelante
Le poème Laat me (en néerlandais) de Herman Pieter de Boer est un des principaux poèmes sur les quels s'articule le poème maçonnique voyage (en français) de Marc Meurrens :

URL : http://wiki.meurrens.org/voyage

voyage inclut une interprétation très libre en français (26 juin 2010) d'une partie de Laat me :

Je vivrai encore longtemps j'espère
et j'espère même
encore un peu plus
Laissez moi vivre,
laissez-moi vivre qui je suis
comme je l'ai toujours voulu.
Laissez moi vivre,
laissez-moi suivre mon chemin
comme je l'ai toujours tracé.
Laissez moi vivre,
laissez-moi construire qui je serai
comme je l'ai toujours fait.



Passeport

passeport-2
page consacrée au poème Passeport مرسيل خليفة - جواز سف de Mahmoud Darwich chanté par Marcel Khalife

interprétation libre de la chute du poème (Marc Meurrens, 26 juin 2010) :

Ne demandez pas leur nom aux grains de blé
Ne demandez pas aux vallées le nom de leur mère

De mon front jaillit une épée de lumière
Dans ma main éclate l'eau d'un fleuve

Ne demandez pas leur identité aux hommes

Ne me demandez pas mon identité

Mon identité ?
les cœurs de tous les hommes !
Mon passeport ?
gardez-le !


URL : http://wiki.meurrens.org/Passeport
Le poème, plusieurs traductions littérales, videos, audios, liens, etc

Mahmoud Darwich est aussi l'auteur du célèbre poème Rita où l'écrivain palestinien conte sa tendresse pour la petite fille juive qu'il ne peut revoir
(Rita est également disponible sur la même page)


Répertoire maçonnique

Le poème voyage fait partie du répertoire des poèmes maçonniques de Los Hermanos Team et d'autres contes, poèmes et textes conçus dans le même esprit.

Des pages de ce wiki sont consacrées à plusieurs d'entre eux.



Contact

marc meurrens

homehttp://www.meurrens.org/
wikihttp://wiki.meurrens.org/
http://twitter.com/marcmeurrens

marc@meurrens.org


Notes de bas de page

[1] Les deux premiers vers de Los ejes de mi carreta de Atahualpa Yupanqui :
Puisque je ne graisse pas les axes [de ma charrette],
on me nomme négligent [ou négligé].
 

[2] Clin d'œil à
Les cendres de Claes battent sur mon coeur. Altesse divine, la mort va fauchant par la terre de Flandre, au nom du pape, les plus forts hommes, les femmes les plus mignonnes; ses privilèges sont brisés, ses chartes anéanties, la famine la ronge, ses tisserands & drapiers l'abandonnent pour aller chez l'étranger chercher le libre travail.
dans La légende et les aventures héroiques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs du Frère Charles De Coster (1827-1879). Librairie Internationale, Paris 1869, LXXXV, p. 177
 

[3] Pour une interprétation initiatique, l'expression mon cher Adam, utilisée à de multiple reprises dans ce document, est remplacée par une adresse directe, successivement à chacun des frères et sœurs concernés.
 

[4] Extrait de « Laat me » de Herman Pieter de Boer (1928-), chanté notamment par Ramses Shaffy (1933-2009) :
Je resterai longtemps et de préférence encore plus longtemps.
Laisse-moi rester qui je suis.
Laisse-moi, laisse-moi,
laisse-moi aller par mon propre chemin.
Laisse-moi, laisse-moi,
j'ai toujours fait ainsi.
http://wiki.meurrens.org/LaatMe
 

[5] Clin d'oeil à I Am What I Am (cfr. La Cage Aux Folles) de Jerry Herman (1931-) en référence au combat du chanteur de Laat me, Ramses Shaffy, contre l'homophobie.
I am what I am, I don't want praise I don't want pity
I bang my own drum, some think it's noise I think it's pretty
And so what if I love each feather and each spangle

 

[6] Ces six vers évoquent la sente que jamais il n'y aura lieu de fouler à nouveau de la strophe
Al andar se hace camino
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.

notre traduction libre en français :
le chemin se fait en marchant
et, en regardant par dessus son épaule,
le marcheur peut voir la sente
que jamais il n'y aura lieu de fouler à nouveau.

de Proverbios y cantares (dans Campos de Castilla) de Antonio Machado (1875-1939), Frère de la Loge Mantua à Madrid. Antonio Machado semble laisser ouvertes plusieurs questions (qui ne devrait plus fouler la sente ? dans quel sens éviter de la prendre ? etc) aux quelles « voyage » propose une réponse radicale, voisine du « nunca » (jamais) qui figure dans les vers de Antonio Machado.
 

[7] Extrait de La mauvaise réputation de et chanté par Georges Brassens (1921-1981)
 

[8] Extrait de Passeport de Mahmoud Darwich (1941-2008), chanté notamment par Marcel Khalife (1950-) :
Ah, messieurs, prophètes,
Ne demandez pas [aux] arbres leurs noms,
Ne demandez pas [aux] vallées qui est leur mère.
De mon front éclate l'épée de la lumière,
Et de ma main jaillit l'eau du fleuve.
Tous les cœurs des gens sont ma nationalité.
Alors, je vous laisse votre passeport.
http://wiki.meurrens.org/Passeport
 

[9] Notez, à cet endroit, le remplacement du « te » par un « vous », incluant ainsi le ou les frères et sœurs concernés (ou « Monsieur Adam » dans la représentation du 27/7/2010) ainsi que le « gars [au] grand bâton » et la « fille [aux] grandes oreilles ».
 

[10] Extrait de « Mut! » (« courage ») de Wilhelm Müller (1794-1827), frère de la Loge « Minerva zu den drei Palmen » à Leipzig, mis en musique par Franz Schubert (1797-1828) dans le 22° Winterreise et interprété notamment par Dietrich Fischer-Dieskau (1925-) :
je ne veux pas sentir ce dont [mon cœur] se plaint,
se plaindre est pour les fous
joyeux je vais dans le monde
à travers vent et mauvais temps
s'il n'y a pas de dieu sur terre,
soyons nous-mêmes des dieux
 

[11] Clin d'œil au propos attribué à Mark Twain (1835-1910), Frère de la Loge Polar Star à St. Louis, They did not know it was impossible, so they did it! au quel nous préférons toutefois nos propres variantes They did not know it was impossible, so they did it! ou, un peu moins arrogante et tout aussi efficace : They did not know it was impossible, so they did it qui ont, l'une comme l'autre, l'avantage, à nos yeux, de ne pas fonder la transgression sur l'ignorance.
 

[12] Les deux derniers vers de « Los ejes de mi carreta » de Atahualpa Yupanqui (voir aussi plus bas) :
Les axes de ma charrette
jamais je ne vais les graisser...


Il s'agit de la seule traduction parfaitement littérale introduite dans voyage ; paradoxalement, c'est l'emprunt qui s'éloigne le plus radicalement du sens donné par l'auteur d'origine : le nunca de Atahualpa Yupanqui exprime une forme de résignation volontaire du voyageur marginalisé, devant sa solitude, voir sa blessure ; la portée du mot nunca (jamais) est complètement retournée dans le poème voyage pour y faire éclater la joie insolente d'une liberté, désormais et définitivement, irréductible.
 

[13] abandonado
[14] para
[15] demasiado
[16] selon les versions...
[17] nadie
[18] selon les versions...
[19] ahora
 

[20Los ejes de mi carreta de Atahualpa Yupanqui (1906-1992), chanté notamment par Atahualpa Yupanqui et par Mercedes Sosa (1935-2009) :

Puisque que je ne graisse pas les axes [de ma charrette],
on me nomme négligent [ou négligé].
Et si, moi, j'aime les entendre crisser,
pourquoi devrais-je les graisser ?

C'est trop ennuyant
de suivre et suivre la piste [la trace].
Trop long le chemin / [les chemins et les chemins]
sans rien qui m'intéresse [qui m'entretienne].

Je n'ai pas besoin de silence,
je n'ai [rien ni] personne à qui penser.
Avant, j'avais, mais c'était il y a longtemps,
maintenant je ne pense plus.

Les axes de ma charrette
jamais je ne vais les graisser...

http://wiki.meurrens.org/LosEjesDeMiCarreta
 

[21
Because I don't grease up the axles,
they call me a careless man.
If I like the noise they're making,
why should I want to grease them ?

It's far too boring a life
to follow and follow the pathway ;
to go down the same old roads
with nothing to entertain me...

I ain't got no use for silence,
I got no one to think about ;
I used to, but time's gone by,
and now I don't think no more.

The axles of my wagon wheels,
I'm never gonna grease them again.